Ce matin, j’ai eu la chance de vivre un moment historique
dans la Salle Gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Un moment historique
que j’aurais préféré ne pas avoir à vivre en raison de par son objet d’une part
et par le temps qu’il a fallu pour l’obtenir d’autre part, mais qui était tout
de même immensément nécessaire dans ce long et essentiel processus de devoir de
mémoire.
Ce matin, le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, au nom du
Collège et à la veille du septantième anniversaire de la terrible rafle des
Juifs du 3 septembre 1942, reconnaissait officiellement l’implication des autorités
communales de la Ville de Bruxelles en place lors de la seconde guerre mondiale
dans la déportation de Juifs.
Dans un discours fort et plein de sens, le Bourgmestre a énoncé
que s’il appartenait aux historiens de juger des conditions particulières d’une
politique, qui se voulant du « moindre mal », a pourtant conduit au
pire, il lui appartenait de reconnaître l’implication des autorités de 1940 et
de présenter ses excuses officielles, sans pour autant oublier de mentionner
les initiatives salvatrices des autorités de 1942 lorsque les Bourgmestres s’opposèrent
à participer à la diffusion des étoiles jaunes.
Par la suite, le président du CCOJB a prononcé également un
discours fort, sur lequel il est revenu sur « le plus jamais ça » qui
n’a pas empêché des génocides comme celui des Tutsis ainsi qu’une résurgence de
l’antisémitisme à l’heure actuelle. Il a justement rappelé que ce n’est pas
Gaza qui crée l’antisémitisme mais que c’est l’antisémitisme qui crée la
focalisation sur cette zone du Proche Orient, en laissant sous silence les
massacres qui ont lieu en Afrique, en Syrie et ailleurs dans le même temps.